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La légionellose

SÉCURITÉ SANITAIRE

Qu’est-ce que la légionellose ?

 

La légionellose est une infection essentiellement pulmonaire due à une bactérie appelée légionelle. Les légionelles sont présentes dans le biofilm qui tapisse les canalisations d’eau chaude sanitaire (le biofilm est présent dans le dépôt calcaire) à l’intérieur de micro-organismes comme les amibes, certaines parties des systèmes de climatisation et des tours aéroréfrigérantes. Elles se multiplient lorsque la température est comprise entre 25 et 40°C.

 

La contamination d’un individu se fait par inhalation de gouttelettes d’eau, lorsque l’eau est colonisée par des souches pathogènes de légionelles à un niveau suffisant de concentration. La taille des gouttelettes doit être inférieure à 10 µm (1 µm = 1 millième de millimètre) pour que les bactéries pénètrent dans les alvéoles pulmonaires.

 

La maladie ne se déclare en général que chez les personnes fragiles comme les enfants ou les personnes âgées et chez les personnes fragilisées par une maladie (cancer, diabète, immunodépression...).

 

La légionellose a causé de nombreux décès dans le monde depuis son identification en 1976. Les tours aéroréfrigérantes ont souvent été désignées comme étant à l’origine des épidémies observées non seulement en France, mais également dans les autres pays. En France, plusieurs épidémies récentes mettent en cause les tours de refroidissement :

 

  • épidémie de Paris en 1998 (20 cas, 4 décès) et en 1999 (8 cas, 1 décès) ;

 

  • épidémie d’Ille et Vilaine en 2001 (22 cas, 4 décès) ;

 

  • épidémie de l’hôpital de Meaux en juillet 2002 (22 cas, 2 décès) ;

 

  • épidémie de l’hôpital de Sarlat en juillet 2002 (31 cas, 2 décès) ;

 

  • épidémie de Montpellier en 2003 (31 cas, 4 décès) ;

 

  • et de Lens également en 2003 ( 85 cas, 14 décès.).

 

Les légionelles

Les légionelles sont des bactéries (bacilles Gram négatif), aérobies, présentes naturellement dans les cours d’eau, les lacs et parfois le sol. La taille des légionelles est comprise entre 0,5 et 0,7 µm de large et 1 à quelques µm de long. Le plus souvent, les concentrations mesurée dans le milieu naturel sont importantes (de 103 à 107 UFC/l).

 

43 espèces regroupant 65 sérogroupes de légionelles ont été identifiés. La plus répandue est Legionella pneumophila de sérogroupe 1 qui est responsable de 80 % des légionelloses.

 

Leur mise en évidence se fait principalement par une technique de culture. Le résultat est exprimé en Unité Formant Colonie (UFC) par litre. La limite de détection est 50 à 100 UFC/L selon le laboratoire.

 

La croissance est relativement lente, pouvant aller de 3 à 10 jours selon les espèces. Leur température optimale de croissance varie de 30 à 40°C. Elles survivent en deçà de 2°C et se multiplient au-delà. Il faut arriver au alentours de 50°C pour parler de destruction (en quelques heures), vers 60°C, le temps de destruction devient très court (de l’ordre de la minute). La bactérie tolère une large gamme de pH.

 

 

Survie et développement des légionelles dans l’eau

 

Ces bactéries ont également la capacité d’infester des amibes, qui possède une forme de résistance vis-à-vis des agents désinfectants.

 

Le fer, le zinc et le potassium à basse concentration, favorisent leur développement.

 

Bactéries légionelles vue au microscope électronique

 

 

Le biofilm

 

Le biofilm est le dépôt que l’on trouve à l’intérieur des canalisations d’eau mais également dans les réservoirs, filtres, pompes. Il contient des dépôts minéraux venant de l’eau, des produits de la corrosion de la canalisation, et des micro-organismes. Le biofilm constitue un refuge sûr pour les légionelles où elles peuvent se reproduire à des niveaux suffisants pour aboutir à la contamination de l'eau. La contamination de l’eau se fait alors lorsque l’écoulement de l’eau est suffisamment turbulent pour décrocher les bactéries de la surface du tuyau.

 

Coupe d’une canalisation en acier présentant un dépôt calcaire important favorable au développement du biofilm